Facebook et Twitter, ca n’est pas la même chose, sherlock

Comme je le disais dans mon poste précédent, je suis dans un processus de dépoussiérage de ce blog. Je suis donc tombé sur cet article que j’avais écrit dans un aéroport, tel une jet setter, il y a un petit moment de cela. Je ne l’avais jamais posté et le voici donc. Ça n’est plus exactement d’actualité puisque Twitter n’est plus une nouveauté, mais cher lecteur fidèle, tu ne m’en tiendras pas rigueur j’en suis certain.

Facebook et Twitter sont deux réseaux sociaux bien différents. En fait, là ou FB nous propose de retrouver nos copains sur Internet pour échanger avec eux des photos et répondre à des questions sur vos amis, TW se limite, en terme de fonctionnalité, à l’envoie de SMS publiques.

Facebook en Perdu de Vue amélioré

Ce qui plait d’abord chez FB, c’est le fait de renouer des liens avec des gens oubliés: La bimbo allumeuse de 3éme, ou le copain de CP avec qui nous échangions nos crottes de nez (Malheureusement, FB aide également à retrouver des ennemis du passé qu’on avait espéré oublier). Cette phase de retrouvailles ne dure que quelques jours après la création d’un nouveau compte: Une fois celle-ci passée, à moins d’être collégien et dans la classe de la bimbo en question, le site perd de son intérêt. Jouer à des jeux flash, s’échanger des photos et s’offrir des ours en peluche virtuels a ses limites, et on retrouve de toute façon ces fonctionnalités, en bien mieux implémentées, sur d’autres sites.

Certes, certains aiment les longs après-midis pluvieux passés sur FB, mais sur la longueur, le principal intérêt du site web est de se constituer une liste de copains plus ou moins officielle, et d’y rajouter les gens que l’on rencontre, ou les retardataires qui n’avaient pas encore créés leur comptes. La suite ? Se sentir obliger de souhaiter un joyeux anniversaire en temps et en heure à des gens dont nous ne reverrons jamais les visages, si ce n’est quand ils postent les photos de l’anniversaire de la petite ou celles de leur week-end à Noirmoutier. Brefs, les quelques fonctionnalités que le site propose autour de cette liste de contacts ont une durée de vie bien courte.

De plus, la bonne-humeur nauséabonde et artificielle de FB a de quoi retourner l’estomac. C’est une discussion à part, mais qu’est ce qu’est-ce qu’il est énervant de lire ces « status » niais et débiles que certains laissent sur le site web (Si vous lisez ces lignes et ne savaient pas de ce dont je parle, jetez donc un œil à votre propre historique FB).

Je trouve FB très bien pour les raisons évoquées plus haut: la liste de copains. Mais recevoir un message via FB ou un invitation à une soirée via ce site m’ennuie: Ça n’est pas la, pour moi, que réside l’intérêt du site. Des alternatives bien plus puissantes existes. Flickr, Google Calendar, Picasa, etc. On pourrait débattre ici du fait que ces sites web ne s’adressent pas à un utilisateur moyen, au contraire de FB. On pourrait en débattre, mais comme c’est moi qui écrit ces lignes, et pas vous, nous passerons à la partie suivante

La dynamique des groupes et de l’amitié

Imaginez un bain d’acide brulant. Plongez y FB quelques minutes afin de vous débarrasser du futile et de l’inutile. Ce que vous ressortirait sera le squelette du site web : Un maillage compact de liens représentant les copineries virtuelles. On pourra y distinguer des groupes. Comme dans la vraie vie, deux amis partagent souvent les mêmes amis, à quelques exceptions prêtes. Les groupes d’amis sont liés par des électrons libre infidèles qui appartiennent à plusieurs d’entre eux. En fait, il y a de grandes chances que chacun d’entre nous appartienne à plusieurs groupes d’amis, créant un maillage d’autant plus serré. Prenez un groupe auquel vous appartenez, puis un second. Si vous êtes le seul à être le lien entre ces deux groupes, félicitations, vous voila chainon social. De manière générale, les groupes sont relativement fermés, mais partagent des liens faibles (une ou deux personnes, par exemple) avec de nombreux autres groupes. Notez que si un groupe partageait de nombreux liens avec un autre, il s’agirait en fait d’un grand groupe de copains.

Il y a plusieurs niveaux de « groupements », et des sous-groupes: Au plus haut niveau, on pourra distinguer le groupe France, le groupe Brésil et le groupe Italien. Un peu plus bas, Paris, Bordeaux et les Lillois. Sortant de la segmentation géographique : Les Polytechniciens, les ENARCS et nous. Les fans de foot, de tennis, de patinage artistique. Ai-je besoin à ce stade de rajouter quelques mots sur les 6 degrés de séparations? Non? Merci.

Digressons du sujet en évoquant que sur l’autoroute également, les gens qui roulent à la même vitesse ont tendance à se retrouver. Avez-vous remarqué comme les voitures avancent par groupes plus ou moins compacts de quelques dizaines de véhicules, dés l’instant ou le trafic est fluide ? On retrouve là ces mêmes électrons libres, qui roulent soit plus vite soit plus lentement et passent d’un groupe à l’autre, dans un sens ou dans l’autre. Les voitures appartiennent ici à des groupes mais ne partagent pas de lien particulier avec les autres voitures.

FB est une représentation virtuelle de nos relations In Real Life (IRL), de nos appartenances à de groupes sociaux, et n’a pas lieu d’être si nous n’avons pas d’amis à la base. Avez-vous déjà rajouté à votre profil une personne que vous avez rencontrée sur FB ? C’est rare, à l’exception peut-être de ces roumaines qui semblent rajouter tout le monde à leur liste de copains. Ou alors c’est parce que je suis beau mec. C’est une explication tout à fait plausible.

Twitter est un réseau social sur Internet

TW est plus récent que FB, et son explosion similaire. Tout le monde s’y met. Socialement, on y rajoute facilement nos amis via adresses emails. C’est généralement le point de départ pour quiconque créé un compte TW. On retrouve donc ce maillage social lors de la création des profils. La différence ici, c’est que les liens entre profils, le « Follow », n’est pas forcement une représentation d’une véritable relation, ou alors Ashton Klutcherer avait beaucoup d’invités à sa pendaison de crémaillère.

Les utilisateurs TW peuvent « suivre » les comptes de gens qu’ils ne connaissent pas simplement parce que celui-ci est intéressant. Le maillage est alors plus dynamique, évolue en permanence, avec en plus de ces concentrations par groupes d’amis et localisation géographique évoquées plus haut, des regroupements autour de profil particulièrement populaire, dont Ashton Kruchtr est un exemple. Pour certains, la « self-promotion » est part intégrante de TW. Les interactions sociales y suivent les mêmes règles que celles de la vie vraie qui permettent de créer un compte FB : Intéressement, recommandations/présentation par un ami, etc. Là ou FB est une représentation de la réalité, TW est une véritable expérience social sur Internet.

D’aucun vous dirons que certes, TW n’est pas qu’une représentation de la vie réelle comme FB, mais que cette couche de complexité du maillage ne balance pas les fonctionnalités inouïes de FB. N’écoutez pas ces pessimistes. Justement, TW ne permettant que du contenu tenant sur 140 caractères, celui-ci est plus un flux temps réel qu’un profil social, et surtout, se trouve à présent être une collection de liens vers d’autres sites. La ou je partage mes photos de manière bien pauvre sur FB, TW me permet de poster un lien vers mon profil Picasa ou Flickr, souvent de manière automatique, flexible, etc. Les meilleurs efforts de FB pour en faire un site dynamique et ouvert aux développements extérieurs font pale mesure à coté de l’ouverture offerte par un principe simple: 140 caractères. J’écrivais un peu plus haut que FB est une représentation de la vraie vie alors que TW est plus virtuel et a l’image de nos relations sur Internet. FB s’efforçant de coller à la réalité limite ses possibilités en créant un moule (le profil).

Mais faut-il seulement comparer TW et FB ? L’un est un réseau social pur et dur doté d’applications et fonctionnalités en expansion constante, l’autre est un réseau de gens qui s’échangent des SMS ! TW est un réseau social car lui aussi comporte la notion de liens entre les gens. Ça n’est pas un réseau social dans le sens « amis ». Sur TW, on communique, on discute. FB est bien plus figé.

Qualités de service à La Poste et au Monde

La Poste est un des sujets d’actualité du moment, et cet article que je lisais ce matin fait état de la qualité de ses services de livraison de colis. Colissimo et autres. De nombreux passages et faits me dérangent suffisamment pour dépoussiérer ce blog :

«[…] Pourtant, les statistiques fournies par La Poste sont excellentes : en 2008, 85 % des colis Colissimo, censés être livrés à J + 2, auraient été acheminés dans les délais ; 96,3 % auraient été acheminés à J + 3, et 98,7 % à J + 4. […]»

Un peu plus d’une fois sur sept, les colis confiés à La Poste pour une livraison le surlendemain n’arrivent pas dans les délais. C’est un chiffre qui témoigne de disfonctionnements profonds. Une société qui n’est pas capable d’honorer un type particulier de contrat 15% du temps ne devrait pas, au 21eme siècle, survivre.

Est-ce le statut de La Poste qui explique ces chiffres? Entreprise publique, La Poste n’est pas soumise aux mêmes rigueurs des marchées que ses concurrents. Quand les produits d’une entreprise privée sont de piètre qualité, celle-ci disparait. La Poste perd du terrain à cause de mauvais service, et elle est sauvée par le contribuable.

Finalement, ces chiffres ne sont peut-être pas étonnants pour tous: Si on en croit ces expressions que les Français utilisent bien souvent : « On n’est pas aux PTT ici », « Petit Travail Tranquille », la réputation de La Poste n’est plus a faire. Peu importe l’affection que l’on peut avoir pour son postier ou sa postière qui passe tous les jours par chez nous, il n’en demeure pas moins que l’image de La Poste n’est pas reluisante. Plus largement, la grosse machine du service publique n’a pas la meilleure des réputations. D’aucuns diront qu’ils travaillent moins, ont un travail garantie, se plaignent tout le temps, et emmerdent le monde quand ils ne sont pas content de leur 12 semaines de vacances par an. Les personnes qui pensent cela mettent surement tout le monde dans le même panier, et je suis certain qu’il y a en France des employés de Mairie, des profs et des contrôleurs des impôts qui travaillent après 15h00 de l’après-midi.

Intéressons nous à la manière dont les chiffres sont présentés par Rafaële Rivais du Monde : « Excellentes », ces statistiques fournis par La Poste? D’une part je n’attends pas d’un site d’information de qualifier ces chiffres, d’autre part, je pense que « Médiocre » serait mieux adapté ici, comme par exemple, dans la phrase : « Cet article que je viens de lire sur lemonde.fr est médiocre ». Soit Rafaële a de la famille aux PTT, soit j’ai perdu toute connexion avec ce qui se passe en France et les français ne se font plus d’illusions quant à la qualité des services pour lesquels ils payent. Aux dernières nouvelles les Français sont un peuple râleur. Peut-être néanmoins baissent-ils les bras quand face à des employés du service publique.

« Le nombre de réclamations, lui aussi, reste bas : environ 480 000 en 2008, sur un total de 50 millions de colis relevant du service universel (qui ne comprend ni la vente par correspondance ni les boîtes préaffranchies), soit 0,98 % »

Seul l’expéditeur peut se plaindre auprès de La Poste, ce chiffre de prêt de 1% de plaintes est donc aberrant. N’en déplaise à Rafaële Rivais, 1% d’expediteurs suffisamment mecontents pour se plaindre … c’est inadmissible pour une entreprise comme La Poste qui se doit d’implémenter des processus de contrôle qualité et de satisfaction client.

L’article aborde ensuite le problème des colis perdus. Mal décomptés, certaines estimations approximent le nombre à 1 Millions de colis. 1.000.000 de colis sont égarés tous les ans :

« Certains professionnels de la vente à distance, interrogés par le magazine 60 millions de consommateurs dans son édition de décembre, estiment que la proportion serait de 0,4 % par an. “Extrapolé au trafic annuel, (cela) représenterait déjà plus d’un million de colis égarés.” »

Ce chiffre est scandaleux. 1 million de colis postaux ne se perdent pas sous une armoire trop grosse ou dans un gros sac au sous-sol de la poste de Aix-les-Bains. Je ne vois pas d’autre explication que le fait que les colis sont dérobés par les employés de La Poste. Ils sont 300.000, et chacun d’entre eux, en moyenne, récupère 3 colis gratuitement par an. Comme un Banco à 1 Euros, ils ne savent pas par avance ce sur quoi ils vont tomber, l’excitation doit être maximum, entre deux grèves, aux centres de trie des PTTs tout autour de l’hexagone.

Bien sur on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier, et il doit y avoir de nombreux vols à la livraison, perpétrés par les voisins des destinataires légitimes. J’ai du mal à croire cependant que l’ampleur de ces vols “extérieurs” soit telle.

La direction de La Poste est également fautive : A l’heure de l’informatique et du code barre, n’est-il pas possible de détecter qu’à un point de contrôle particulier, 100 colis entrent, mais que seuls 99 ressortent ?

Et finalement, je voulais me renseigner auprès des employés eux-mêmes, mais ils doivent être en grève : http://www.pastouchealaposte.ras.eu.org/