A la recherche de la blonde qui sourie

Merci de faire circuler le message suivant:

SVP aidez-nous. Ci-joint une photo de notre fille Sarah disparue le 22 Septembre 2006. Nous perdons espoir de la revoir un jour. Elle est blonde et a des sourcils généreux. Nous ne savons pas ou elle est ni ce qu’elle fait, si ce n’est pour cette photo qui fait mystérieusement le tour de l’Internet. SVP aidez-nous a la retrouver. Elle est naturellement joyeuse et souriante, et cette photo nous effraie. Nouvelle vie? rando forcée? Contactez le bureau du shérif de Lancastershire, CA

Il faisait très chaud on transpirait beaucoup

Il y a quelques années, en 2004 me semble-t-il, j’avais fait la rencontre d’une nana sur NYC (wooohooooo!). Elle avait approximativement 10 ans de plus que moi, sa mère était française et elle parlait la langue de Molière. Elle était plutôt sympathique, drôle, intéressante et cultivée. Un brun dévergondée. Elle venait de commencer un nouveau travail dans une banque, comme moi, dans l’informatique, comme moi, et c’était un gros challenge qui se présentait à elle. Je sentais qu’elle n’était clairement pas à l’aise dans son habit corporate. Ce n’était pas son style.
J’allais danser le Swing avec elle au Lincoln Center, ce qu’on aura fait de nombreuses fois cet été la. Il faisait très chaud on transpirait beaucoup. Les big-bands enchainaient les gros classiques du genre et nous nous amusions à chaque fois beaucoup.

Un soir en particulier, après une session de danse endiablée (J’apprenais le Swing, et était généralement extenué physiquement et mentalement – Que d’efforts pour assimiler les pas complexes d’une danse si rapide!), elle me proposa d’aller boire un verre chez elle. Soit. Je m’exécutai. Elle habitait dans un studio laissant peu de place à l’espace : Etagères croulantes sous de vieux bouquins en noir et blanc, bibelots et autres bubuses diverses s’entassant, etc. Une vraie caverne de brocanteur-baroudeur, aux tons cuirs, bruns, cuivres. De longues plumes d’autruches dans un coin de la pièce, un morceau de tissus à motif posé sur l’abat-jour de la lampe de chevet pour en atténuer la clarté, projetant sur le mur une version déformée et floue du motif bohémien d’origine. L’endroit était poussiéreux et certains objets autour de moi étaient de nature clairement sexuelle. A vrai dire, je n’en étais pas vraiment sur. Ils n’étaient pas exactement roses fluo, ils ne sautaient pas sur place, propulsés par deux Energizer rechargeables. Je les pensais trop clairement visibles pour être activement intimes… Certainement étaient-ils devenus décoratifs, dénichés dans une brocante de la 5eme avenue, là ou de vieilles dames âgées vident leur grand brownstones d’objets qui n’avaient pas été déplacée depuis la dernière guerre.

Rapidement, je me retrouvai avec un verre de Vodka à la main.

Je n’étais pas très à l’aise, assis dans son canapé, elle à coté de moi, son corps de moins en moins assis et de plus en plus affalé, puis couché. Traquenard. Je n’avais aucune envie de la toucher, étant loin de l’état d’esprit de « dating » avec cette personne (Elle était sympa, on rigolait bien, mais ca s’arrêtait la… Ah, pression sociale. Au moment ou j’écris ces lignes je sens le besoin de me justifier). A ce moment, la proximité physique de la danse pratiquée régulièrement avait forgé chez nous deux une certaine habitude du contact avec l’autre, qui ainsi n’était pas en soit une étape supplémentaire de notre relation. Ceci me permit d’ignorer cette nouvelle direction donnée à notre proximité et de passer à l’étape suivante: Je réussi à m’échapper de l’endroit sans trop de drame.

Loser.

On s’est plus ou moins perdu de vu et elle est sortie de mon esprit rapidement, surtout au vue de ce qui s’est passé pour moi les années qui ont suivis.

Il y a surement un peu plus d’un an de cela, j’ai ouvert un compte sur Facebook, le réseau social du moment. Faisant parcourir à ce dernier la liste de mes contacts emails, il m’annonça que cette personne était sur Facebook également. Soit, je lui envoyai une « friend request » et l’oubliai aussitôt.

Hier soir, après de longs mois d’attente, ma requête d’amitié fut finalement acceptée.
Je navigue donc librement sur son profil. Je retrace partiellement quel a été son parcours depuis 2004. Je jette un œil à ses photos. Dans la moitié d’entre elles, elle porte une perruque fluo, est en string, les seins à l’air faisant la fête avec le genre de personne que l’on voit souvent dans les rue de Lower East Side, East Village, et Christopher Street. Elle a Burning-Man (Les seins à l’air). Elle sur un bateau boite (Les seins à l’air). Elle dans un house warming (Les seins à l’air). Elle en train de danser, collée à une autre femme (Les seins à l’air toutes les deux).
Je repense à la personne que je décrivais au début de ce post. Le Swing. L’appartement, le style, les objets autour de moi. Tout prend sens. Je comprends à qui j’avais affaire. Je mets son comportement de l’époque en relief grâce à l’information complémentaire qui est maintenant à ma disposition, et grâce à mon supplément d’expérience acquis au court des années qui sont passées. Rappelez vous, elle était alors dévergondées, se contrôlant dans son tailleur de banquière. Elle me montrée une facette d’elle adaptée à qui j’étais. Avait-elle alors la volonté de s’intégrer dans ce monde de la finance, froid et impeccable? Etais-je une manière pour elle de se rapprocher modestement de cette nouvelle vie qu’elle essayait de trouver? Je me demande ce qui me serait arrivé si moi aussi je m’étais affalé sur le canapé.

Je l’aurais surement baisé.