mots

Toujours le même mouvement. Insérer la clé dans la serrure. Deux tours.

Elle ouvre la porte, s’engouffre dans son appartement. Ferme la porte.

Elle est seule, enfin. Dans son univers. Plus besoin de faire attention à sa posture, plus besoin de se contrôler, de se forcer à sourire, à rire, à être heureuse.

C’est son moment favoris de la journée. Elle accroche son impair noir au portemanteau. Elle enlève ses chaussures a talons haut.

Pieds nus, elle se dirige vers la cuisine. Elle se sert un Bourbon. Sans glace.

De là, direction la chaîne. Un disque choisi avec soin. Miller et Sanborn. La suave fluidité de l’un contre l’excitante agitation de l’autre. Elle peut voir les deux sons distincts s’entremêler, se faisant l’amour comme deux fumés de cigarettes ne pouvant se mêler. Fluides et agitées.

Une cigarette. Bonne idée. Le disque tourne, elle se pose sur le canapé. Saisi le paquet de cigarettes sur la table. Ses gestes sont rapides, nets et efficaces. Elle les fait souvent. Avec le temps, à force de les répéter, ils deviennent automatiques.

Elle attrape une cigarette au hasard, la faisant glisser contre les chanceuses qui n’ont pas été choisis. Encore un de ces gestes expert, et la cigarette tourne entre ses doigts pour terminer entre index et majeur droit. Du pouce, une petite tape sur le bas de la cigarette, a l’extrémité du filtre. L’objet de son désir est maintenant parfaitement positionné dans sa main. Prolongement de chacun de ses gestes. Un peu d’assurance en plus.

De sa main gauche, elle attrape un briquet BIC. Tout ce qu’il y a de plus commun. Noir.

Sa main droite, jusqu’à présent quasiment fermée, s’approche de son visage. Son poignet tourne dans le sens des aiguilles d’un montre, la mains s’ouvre, le pouce se lève naturellement, sans même qu’on lui demande. Le dixième de seconde où ses doigts touchent ses lèvres pour y déposer la cigarette est extrêmement sensuel.

Ses lèvres enserrent délicatement le filtre brun de la cigarette. Son pouce gauche fait jouer une savante combinaison de quartz et de gaz tout juste gazéifiée. La température à l’extrémité du briquet croit instantanément.

Au moment précis ou la flamme embrasse la cigarette, ses lèvres se resserrent un peu, afin de ne laisser à l’air qu’elle va inspirer qu’une alternative : La cigarette elle-même.

Celle-ci est maintenant allumée. Sa propriétaire, après la première bouffé, plisse légèrement les yeux. Lève la main gauche, contenant toujours le briquet. Elle se passe les mains dans les cheveux, défait le nœud contraignant ses cheveux. Elle penche la tête en arrière.

Comme tous les soirs, elle se dit que la combinaison Bourbon Cigarette vaut tous les plaisirs du monde. Ou presque.

Caramba!

Après la messe et une nuit de beuverie, le prêtre tue un maire à coup de revolver

Un prêtre a tué par balles mercredi le maire d’un village de l’Etat de Guerrero (sud du Mexique), lui reprochant son manque de soutien aux fêtes patronales à l’issue d’une nuit bien arrosée, a-t-on appris auprès de la police locale.Après avoir dit la messe, le prêtre s’est rendu dans un bar où il a passé quelque cinq heures à boire avec des maires de la zone invités aux fêtes religieuses du village.Mais, l’alcool aidant, les esprits se sont échauffés et la discussion a dégénéré: le prêtre a sorti un revolver de calibre 38, tirant à bout-portant sur le maire de Xalpatlahuac, a indiqué la police de l’Etat.”

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